Le Tropilaelaps : la menace qui frappe à nos portes

Un nouvel acarien parasite se rapproche dangereusement de nos ruches françaises. 
Je vous avais déjà parlé du varroa dans un article précédent. Maintenant on ajoute un nouveau parasite…
Fin février 2026, je reçois un mail de mon syndicat apicole avec cet objet :

Un courrier de l'ANERCEA

L’ANERCEA, l’association nationale des éleveurs de reines et des centres d’élevage apicole, a écrit à tous les présidents de syndicats apicoles.
Début février 2026, lors des Journées d’Étude de l’ANERCEA à Limoges, des apiculteurs ouzbeks ont témoigné des ravages du Tropilaelaps sur leurs colonies. Le signal d’alarme a été tiré officiellement. En tant qu’apicultrice, j’ai reçu cette lettre et je vais essayer de vous en faire un résumé, en cachant ma déprime liée à cette mauvaise nouvelle… oui encore une…

Qu'est-ce que le Tropilaelaps ?

Le Tropilaelaps est un acarien parasite externe des abeilles, originaire d’Asie du Sud-Est. Plusieurs espèces existent, dont Tropilaelaps mercedesae, la plus répandue géographiquement et la plus redoutée aujourd’hui par la filière apicole européenne.

À la différence du varroa que la plupart d’entre nous combattons chaque année, le Tropilaelaps est encore plus virulent. Il se reproduit et se nourrit exclusivement dans le couvain operculé, se déplaçant rapidement grâce à sa petite taille — ce qui le rend d’autant plus difficile à détecter.

le parasite tropilaelaps sur des larves d'abeilles

Plus petit que le varroa, de couleur similaire (brun-roux), il est difficile à repérer à l’œil nu lors d’une inspection classique. Sa mobilité est accrue, ce qui lui permet de coloniser très rapidement l’ensemble d’une colonie.

Pourquoi est-il plus dangereux que le varroa ?

Caractéristique Varroa Tropilaelaps
Taille Plus grand, visible à l'œil nu Plus petit, discret
Vitesse de reproduction Modérée.
1 œuf toutes les 30h / ponte déclenchée 60h après entrée dans la cellule
Plus rapide.
1 œuf toutes les 24h / ponte déclenchée en seulement 10h
Mode d'alimentation Perce la larve en un point Perce en plusieurs points → provoque des malformations sévères
Transmission virale Oui Oui, mêmes virus
Survie hors couvain Plusieurs semaines 3 à 6 jours seulement
Traitement AMM disponible Oui Non — aucun à ce jour

Sources : ANERCEA, Plateforme ESA, ANSES — Mars 2026

Les malformations engendrées par le Tropilaelaps touchent les antennes, les ailes et les pattes des abeilles adultes. Les colonies infestées s’affaiblissent à une vitesse redoutable, et sans traitement efficace reconnu, les pertes peuvent être totales en quelques mois.

A ce jour, aucun traitement

Point crucial : à ce jour, aucun traitement avec Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) n’est disponible contre le Tropilaelaps, alors même que la menace est connue depuis plusieurs années. C’est l’une des raisons pour lesquelles la prévention est notre seule arme réelle pour l’instant.

Le tropilaelaps est-il en France ?

Non, il n’a pas encore été clairement identifié. La France est actuellement indemne du Tropilaelaps. Mais la menace progresse clairement vers l’Ouest : en 2024, sa présence a été confirmée en Géorgie avec des taux d’infestation atteignant 24 % du couvain operculé. Des suspicions existent également en Azerbaïdjan, en Biélorussie et en Crimée.

La menace est aujourd'hui à nos portes ! Les régions les plus chaudes et sèches sont les plus favorables au développement du Tropilaelaps. Paquets d'abeilles et reines fécondées provenant des pays touchés seront les vecteurs de la transmission.

— ANERCEA, lettre officielle du 26 février 2026

La France est actuellement indemne de cet acarien qui provoque la mort des abeilles ou leur départ des ruches. L’infestation par les acariens du genre Tropilaelaps est une maladie règlementée au sein de l’Union européenne. Bien qu’actuellement Tropilaelaps ne soit pas présent en Europe, il existe un sérieux risque d’introduction du parasite lié aux importations et aux déplacements des colonies d’abeilles.

Source : >Ministère de l'Agriculture — Le Tropilaelaps, un danger sanitaire exotique à surveiller

Comment se propage le parasite ?

La propagation naturelle se fait via les abeilles adultes par dérive, pillage ou essaimage. Mais la véritable autoroute de transmission sur longues distances, c’est le commerce apicole : importation de reines fécondées, de paquets d’abeilles ou d’essaims en provenance de zones infestées.

Donc s’il vous plait, n’achetez pas des essaims et des reines n’importe où !

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